HISTORIQUE

Tout a débuté aux alentours des années 60, un peu avant même. Quelques fanatiques,"mordus" de la voile aient obtenu la permission de naviguer sur la sablière, située côté Viry, moins de 20 hectares d'eau navigable et ils venaient chaque fin de semaine satisfaire au besoin d'évasion, de calme de tranquillité. Certes, ce n'était pas la "Grande Bleue", mais aux portes de la Capitale, l'imagination aidant, un enthousiasme débordant, une ardeur et une exaltation de pionnier faisaient  se rencontrer chaque fin de semaine un petit groupe qui allait donner naissance à la section VOILE. On  apportait le matériel pour naviguer, mais aussi la caisse à outils et de la volonté, car rien n'était aménagé. Une fourgonnette servait de Club, à la fois vestiaire et cuisine roulante et même dortoir pour ceux qui faisaient le week end continu. Les sanitaires étaient constitués par des "feuillées", une mise à l'eau et un ponton  construits avec des matériaux de récupération. Toutes ces étapes sont restées gravées dans la mémoire des anciens, qui les évoquent toujours avec nostalgie. On fait silence lorsqu'ils racontent les premiers pas de la section VOILE; On attrapait davantage d'ampoules avec le manche  de la pioche ou du marteau, qu'avec la barre du gouvernail. Les nouveaux écoutent la saga du Club avec scepticisme, commisération mais aussi avec respect. 

Les bateaux de cette époque ont presque tous disparu. Construits en bois massif, ils étaient lourds, encombrants, difficilement transportables : quillards, dériveurs lestés, ils avaient nom: ARGONAUTE, CANETON BRIX, SHARPIE DE 9 M2.

Les pionniers et leur enthousiasme, ne pouvaient rester isolés, d'autant que Jean Jacques HERBULOT Architecte naval en utilisant le contre-plaqué et en lançant le VAURIEN, quelques années auparavant avait révolutionné le monde de la voile. Moins chers, facilement transportables (un VAURIEN tout gréé pèse 95 kgs. 3 et 4 fois moins que les bateaux de l'époque) les nouveaux bateaux allaient accélérer la mise sur orbite du C.N.V..

VAURIEN, PONANT, MOUSSE, CORSAIRE, tous ces bateaux répondaient à une jauge impérative dans leur série. Ils avaient la même surface de voilure, le même poids, les mêmes dimensions, à quelques millimètres près, ce qui allait faciliter la compétition tous ces bateaux partant à chance égale, dans leur catégorie évidemment.

Très rapidement et tout naturellement la section VOILE allait trouver sa vocation sportive. Composée de séries monotypes et condamnée à faire des ronds dans un espace restreint, il fallait trouver un centre d'intérêt qui maintienne l'activité, qui soit un but, qui serve au perfectionnement, qui élève le niveau des connaissances et de la pratique de la voile et ce centre d'intérêt était tout entier contenu dans la régate.

Les Clubs voisins, se piquèrent au jeu, puis ceux de la Ligue de la Seine et des Ligues de province prirent l'habitude de venir disputer les régates de Viry-Chatillon, qui avaient obtenu au fil des ans une réputation de sérieux et de rigueur. Les installations s'étaient avec l'aide de la commune et du Service Départemental de la Jeunesse et des Sports, bien améliorées et hangar et pontons aménagés ou construits parles adhérents apportaient un certain confort aux adhérents de plus en plus nombreux.

Une étape importante fut la réunion au premier plan d'eau, de la fouille de la JUSTICE par le creusement du fameux Goulet, ce qui triplait la surface navigable. Autres étapes marquantes, l'adoption du 470, qui allait remplacer le MOUSSE, puis celle de l'OPTIMIST et du LASER, puis au fil des ans les coups de cœur se sont multipliés: Edel2, Micro, Planche à Voile, Radio Commandée, Vent d'Ouest.

Une trentaine de journées de régates sont organisées, dont certaines ont acquis une excellente réputation dans la Ligue de l'Ile de France : Championnat de Ligue, épreuves qualificatives, course par équipes et même par delà les frontières pour les régates internationales de PONANT en novembre et de VAURIEN à Pâques. Cette dernière attire chaque année de nombreux compétiteurs étrangers : Hollandais, Belges, Suisses, Espagnols, Portugais et même Algériens.

La voile est en effet un sport difficile, qui exige un entraînement continu, des recherches sur les plans techniques et théoriques qui sont pratiquement incompatibles avec une autre activité sportive, une condition physique excellente pour naviguer par tous les temps : La pluie ou le froid n'arrêtent pas l'activité et le beau temps pour les gens de la voile s'apprécie en fonction de la force du vent.

"La VOILE c'est le moyen le plus long et le plus inconfortable d'aller là où l'on à rien à faire" a dit un fervent du yachting, c'est aussi le moyen d'une pratique qui est à la fois un sport et un loisir

 

                                                                                                                            André MENARD

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