| Les leçons
d'une expérience (1994). Yves LE CHEVANTON (TREGUIER) m'a fait parvenir le récit de sa première grande frayeur en MICROSAIL et les conclusions qu'il en tire. Je l'en remercie vivement parce que son témoignage ne peut que nous être bénéfique. Ci-dessous le récit de son aventure avec en complément sa recette pour doter son microsail de réserves de flottabilité. "Dimanche 30 mai, régate inter-entreprise de BREHAT. Vent de sw 25 à 30 noeuds, rafales sous grains >35 noeuds. Alors que nous remontions au louvoyage le chenal du ferlas à bord d'un microsail type quillard sous foc de brise et grand voile à un ris, une rafale très violente nous a couchés mât dans l'eau. l'équipage au rappel est tombé dans l'eau. Le microsail ne s'est pas redressé, il s'est progressivement enfoncé sur le coté puis s'est retourné quille verticale pour finir sur le coté, mât dans la direction du vent. Malgré 3/4 d'heure d'effort, le bateau a fini par couler. Une vedette a toutefois pu le remorquer entre 2 eaux (2 à 3 m.) et l'échouer sur bréhat où le bateau a été renfloué à marée descendante et sauvé. Mais tout le gréement, les voiles et beaucoup de matériel ont été perdu pendant le remorquage. Notre principale erreur est que nous naviguions porte ouverte. Le bateau s'est chargé par l'entrée et enfoncé sur le coté ne nous laissant pas le temps de monter sur la quille pour le redresser. Mais je ne pensais pas qu'au près le bateau se couche de cette manière et surtout reste couché, même libéré du poids de son équipage et avant que l'eau ne l'inonde. Les coefficients de redressement imposés par la jauge micro sont donc en réalité très nettement insuffisants et par conséquent, dangereux. S'il est normal qu'un bateau salue une rafale en se couchant, et cela arrive quelque soit sa taille, il est du simple bon sens marin qu'il se redresse ensuite. Venant d'acquérir le bateau, je ne l'avais pas encore rendu insubmersible. Même rempli d'eau, le bateau reste le seul et unique refuge. Les volumes doivent être suffisamment bien répartis afin de flotter à l'endroit. Dans cette position, le bateau reste utile : accès au matériel rangé à l'intérieur, bateau plus visible, moral de l'équipage, remorquage plus aisé. Après 3/4 d'heure dans une eau froide, nous étions limite physiquement. Reste, que ni les chantiers ni les autorités en charge de la sécurité ne renseignent sérieusement le plaisancier sur ce domaine, alors que la plupart des petits bateaux ne sont pas munis de bip. Le couteau, indispensable sur soi, car dans l'eau tous les cordages se mélangent et il faut couper les drisses en tête de mât. Les gilets : il est préférable d'être équipé d'une veste de quart flottante, au moins on la porte facilement munie d'un harnais afin d'y passer un bout pour se faire hisser sur un bateau sauveteur (dans l'eau, on est très lourd et le froid nous fait perdre nos forces). Et quand les conditions météo se dégradent vite, on a guère le temps d'enfiler un gilet peu pratique. Eviter de porter des cirés en une pièce, une fois remplis, ils ne se vident pas et il est difficile de se maintenir (cf un équipier). Mettre le matériel de sécurité et tout le matériel possible dans des topwares Pour vider plus rapidement le bateau, prévoir de quoi boucher la tête du puits de dérive et poser un joint souple étanche en buttée de la quille position basse sur le puits de dérive." Ce document est accompagné d'une lettre dont voici un extrait. " je pense résoudre le problème de l'insubmersibilité avec de la mousse à cellules fermées fabriquée par 'SIMONIN' de 'Pont Labbé'. Les plaques font 2,75 m de long, 60 cm de large, 10 cm d'épaisseur à 400 francs la plaque environs. Elles se collent très bien à la néoprène et peuvent servir de mousse pour les couchettes. Cette mousse est utilisée pour les gilets et homologuée par la jauge mini." |
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